Pourquoi une baisse des taux d’intérêt de la BCE Peut-elle conduire à une baisse des taux d’intérêt pour l’ensemble des crédits ?

Depuis plusieurs semaines, un débat a lieu sur ce blog et ailleurs sur le financement de la Banque centrale européenne, la taille de son bilan et les limites de ses interventions. Ce billet vise à faire la lumière sur ce débat en analysant le fonctionnement des réserves obligatoirescouverture zéro des banques de l’Union européenne. Il s’agit de dépôts obligatoires auprès de la Banque centrale européenne. Pour comprendre ce problème, il faut se rappeler que le total du bilan de la BCE est passé de 2 milliards d’euros à 3 milliards d’euros depuis la fin de 2011.

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L’ évolution des dépôts bancaires auprès de la BCE et la baisse du taux des dépôts

Le tableau suivant explique la confusion des observateurs. Les chiffres proviennent de la BCE.

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Engagements envers les établissements de crédit/milliards d’euros 6 mars 2012 26 juillet 2012 différence
Compte courant (y compris les réserves obligatoires) 91 (91) 515 (110) 424 ( 19)
Facilité de dépôt 820 337 -483
Dépôts à 219 211 — 8

En effet, le 11 juillet 2012, la Banque centrale européenne a réduit le taux d’intérêt des banques à 0,75 % et, ce faisant, a également réduit la rémunération des dépôts de 0,25 % à 0  %. A partir de ce moment, les banques n’ont plus transféré leur compte courant à la banque centrale sur les dépôts payés. Ils ont simplement conservé ces dépôts — parfaitement volontaires — dans leur compte courant auprès de la BCE. D’où l’impression dominante d’un « retrait » des dépôts bancaires, alors qu’en pratique il s’agit seulement d’un changement de compte.

Il convient de noter que la BCE continue de financer la plupart de ses prêts aux institutions financières par le biais de dépôts bancaires représentant un tiers de son bilan. Bien sûr, elle prend également des risques : les emprunteurs proviennent principalement de pays en difficulté, et les déposants sont des banques d’autres pays où les déposants se réfugient et ont des liquidités excédentaires.

Un instrument de politique monétaire

À tout moment, les banques centrales ont utilisé la fiscalité des réserves dans le cadre de leur politique monétaire. L’objectif est de supprimer une partie de la liquidité des banques et de réglementer indirectement leur activité de prêt. Plus le ratio des réserves est élevé, moins les banques devront prêter à l’économie. La Banque populaire de Chine a massivement utilisé cet instrument et a empêché une fuite de l’économie chinoise. En cas de surchauffe inflationniste, c’est un moyen efficace de calmer le jeu. C’est une pratique courante et constitue l’un des outils dont dispose une banque centrale, avec des taux d’intérêt, pour réguler l’inflation et la croissance de l’offre monétaire.

En Europe, cette obligation a été réduite de moitié en 2012 pour faciliter le financement de l’économie par les banques. Depuis environ 200 milliards d’euros, ces réserves s’élèvent à environ 100 milliards depuis 2012.

Même si nous créditons les banques centrales que leur seule motivation est la politique monétaire, il convient de noter que, ce faisant, les fonds de la BCE sous forme de les dépôts bancaires une partie du milliard d’EUR prêté aux banques, et les interventions possibles sous forme d’achats obligataires. Toutefois, cela ne représente que 10 % du financement de la BCE par les banques .

La rémunération des banques est-elle généreuse ?

Le dernier tableau de la BCE indique une obligation de dépôt rémunéré obligatoire de 1 %. Une banque qui ne fait pas ce dépôt minimum sera pénalisée à 4.25%. Ceci s’applique aux réservations effectuées pendant un mois allant du 13 juin au 10 juillet.

Donc, nous sommes dans une situation paradoxale. La BCE, qui a prêté 1 % aux banques pendant trois ans, s’engage à verser les réserves obligatoires d’un mois au même taux. Par comparaison, l’EURIBOR d’un an verse des dépôts d’un an entre les banques est de 0,9%. Il semble qu’aucun don n’est donné aux banques, car les dépôts de réserve sont presque permanents. Par conséquent, cette mécanisme n’est pas défavorable pour les banques.

Dans quelle mesure la BCE peut-elle obliger les banques à des réserves obligatoires ?

Le fameux conseil des billets des banques centrales n’est plus un mécanisme aussi simple. La BCE émet 870 milliards d’euros sous forme de billets, couverts par l’or et les réserves monétaires des banques centrales du système euro.

L’ augmentation des besoins de la BCE sous forme d’achats d’obligations italiennes ou espagnoles soulève la question de son financement : a-t-elle l’intention de le faire partiellement sous forme de réserves obligatoires ?

Imaginez un instant que l’économie reprend et que les banques se font confiance et réduisent leurs dépôts auprès de la BCE : dans quelle mesure ces 900 milliards de dollars sont-ils entièrement volontaires ?

La possibilité pour les banques centrales d’utiliser la « commission des billets » fait référence à la possibilité d’augmenter les réserves obligatoires. Mais cet instrument a des conséquences économiques qui pourraient affaiblir le financement de l’économie.

Les ressources de la BCE ne sont pas infinies

C’ est pourquoi, depuis que la BCE a prêté aux banques fin 2011, j’ai exprimé des inquiétudes auprès de nombreux observateurs quant à la taille et à la gestion du bilan de la Banque centrale européenne. Il ne s’agit pas tant du montant en question, mais du fait que ces prêts ont trois ans : les autres banques centrales ont utilisé des mesures pour injecter des liquidités dans les banques, mais pas au-delà d’un an. Le QE2 de la Réserve Fédérale s’élevait à 500 milliards d’euros sur six mois.

De nombreux commentateurs estimaient que mon inquiétude n’était pas fondée. Même Mme Lagarde, ancienne ministre française des Finances et Directrice générale du Fonds monétaire international, insiste pour demander une nouvelle intervention de la BCE.

Je ne suis pas en mesure de fixer une limite à la taille du bilan de la BCE, mais faisons attention à cette gestion et, surtout, ne considérons pas que les réserves obligatoires sont à l’abri des effets néfastes sur l’économie réelle, sa croissance et son financement

Dans le bilan de la BCE, ses ressources ne sont pas illimitées, et l’achat d’obligations italiennes et espagnoles posera des problèmes bilantaires.

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