Les femmes occupent une place prépondérante dans nos sociétés, malheureusement, tout au long de l’histoire, ont été arbitrairement et injustement désavantagées dans divers aspects de la vie : éducation, travail, politique… Aujourd’hui, tout indique que le développement est impensable sans les femmes, donc leur éducation est un impératif. Ce sont là quelques-uns des avantages de la scolarisation des filles.
« Éduquer une femme, c’est éduquer l’humanité »
Les chiffres et les trajectoires parlent d’eux-mêmes : lorsque les filles accèdent à l’école, c’est un monde de possibles qui s’ouvre. Pourtant, à travers la planète, des milliers de filles restent écartées des bancs de l’école à cause de normes ancestrales, de la précarité ou de la violence. Cette exclusion n’est pas qu’une question de droits bafoués, elle prive la société d’un potentiel immense.
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Priver les filles d’éducation, c’est fermer la porte à des ressources humaines qui pourraient transformer le monde. Une femme instruite pèse lourd dans la balance du progrès : elle agit sur la santé publique, fait reculer la mortalité infantile, favorise la transmission du savoir, lutte contre la propagation de maladies, dynamise l’économie et participe activement à l’évolution démocratique. Le bénéfice ne s’arrête pas à elle seule : il rejaillit sur tout le tissu social.
Quand une fille va à l’école, la maison gagne
Dans une famille, la présence d’une femme instruite change la donne, concrètement. Elle pilote mieux le budget du foyer, sait où économiser, comprend comment investir pour l’avenir. Elle accompagne ses enfants sur le chemin de l’apprentissage, surveille la santé de tous, s’informe sur la nutrition et l’hygiène. Elle sait, aussi, organiser les naissances, ce qui se traduit par une meilleure stabilité familiale.
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Mieux armées face aux risques sanitaires
L’accès à l’école protège les femmes bien plus qu’on ne l’imagine : elles acquièrent les connaissances pour se prémunir contre les maladies, éviter les grossesses non désirées, repérer les signes d’alerte. Une sage-femme rapporte ainsi que les femmes scolarisées comprennent rapidement l’importance des consultations prénatales, suivent les recommandations médicales et, par conséquent, sont moins exposées aux complications durant la grossesse. À l’échelle mondiale, 830 femmes meurent chaque jour de causes liées à la grossesse et à l’accouchement (source : Organisation mondiale de la Santé, www.who.int).
Leur vigilance ne s’arrête pas là : elles vaccinent leurs enfants, surveillent l’équilibre alimentaire de la famille, luttent contre la malnutrition qui touche 3,1 millions d’enfants de moins de cinq ans (source : Programme alimentaire mondial, wfp.org). L’éducation fait d’elles un rempart contre les épidémies, pour elles comme pour leurs proches.
Sur le plan économique, leur rôle est loin d’être anecdotique.
L’économie gagne à chaque femme instruite
Les chiffres claquent : 66 % du travail mondial est réalisé par des femmes, elles produisent la moitié de l’alimentation sur Terre, mais n’obtiennent qu’une infime part des revenus, à peine 10 %. Et pourtant, elles constituent 70 % des personnes vivant sous le seuil de pauvreté (source : idees4development.og).
Quand une femme sait lire, écrire, compter, elle prend les rênes de son activité, qu’il s’agisse de commerce, d’agriculture ou d’entrepreneuriat. L’école l’équipe pour explorer de nouveaux secteurs, choisir sa voie, s’adapter à un monde qui bouge. C’est une force de travail et d’innovation quasiment sous-exploitée.
Les femmes représentent près de la moitié de l’humanité : 49,6 % selon les Perspectives démographiques mondiales des Nations Unies (2017). Offrir la scolarisation à toutes, c’est investir dans une force vive capable de générer richesses, progrès et stabilité.
Une voix déterminante dans la démocratie
L’éducation est l’outil qui réduit les écarts de pouvoir entre femmes et hommes. Une femme instruite vote, débat, défend ses convictions, envisage même de se présenter aux élections. Elle ne subit plus les décisions, elle y prend part, elle influe sur le cours des choses.
La participation politique féminine ne relève pas du symbole : elle permet de mieux représenter les intérêts de la moitié de la population, d’enrichir les débats et de faire évoluer les politiques publiques. Les choix collectifs intègrent alors les réalités vécues par toutes et tous.
Connaître ses droits, comprendre ses devoirs, s’impliquer dans la vie civique : voilà ce que l’école offre. Le socle démocratique s’en trouve renforcé, plus juste, plus solide.
La scolarisation seule ne suffit pas. Il faut viser une éducation de qualité, accompagnée, inclusive, qui permette à chaque fille d’aller au bout de son parcours. Nombreuses sont celles qui abandonnent avant la ligne d’arrivée : chaque retour à l’école, chaque accompagnement individuel est une victoire supplémentaire.
On dit parfois que la stabilité et la croissance d’un pays se jugent à la manière dont il considère ses femmes. C’est plus qu’un proverbe. C’est une boussole collective : le chemin vers le progrès passe par la classe, le livre, la voix d’une fille qui apprend. Qui se souviendra demain des sociétés qui ont refusé ce pari ?

