Un chiffre sec, sans fioritures : il existe aujourd’hui plus de 300 fournisseurs de réseaux privés virtuels. Face à cette surabondance, choisir le bon service relève presque du casse-tête. Les menaces informatiques se multiplient, l’ère où l’on surfait léger appartient au passé. Pour y voir plus clair, nous avons passé au crible le VPN de Kaspersky. Place à une analyse sans détours.
3 Meilleures alternatives gratuites à Kaspersky Secure Connection 2021
Le parcours de ce fournisseur
Kaspersky est apparu en 1997 sous l’impulsion de Natalya Kasperskaya et Eugene Kaspersky, aujourd’hui PDG du groupe. Siège à Moscou, ramifications dans 31 pays : l’entreprise n’a cessé d’étendre son territoire. À ses débuts, la société concentrait ses efforts sur la sécurité des systèmes d’information, avec des outils allant de l’antivirus à l’antispam, en passant par l’anti-spyware. Avec près de 400 millions d’utilisateurs pour ses solutions de cybersécurité, la marque s’est taillé une place de choix dans l’univers de la protection informatique.
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Ambitieuse, la firme a décidé en 2017 de se lancer sur le terrain des VPN avec Kaspersky Secure Connection. Si le nombre exact d’utilisateurs de cette solution n’a pas été révélé, l’objectif est évident : rivaliser avec les géants du secteur, comme ExpressVPN ou CyberGhost. C’est ce pari que nous avons voulu examiner en profondeur dans ce test Kaspersky VPN.
Tarification
Jetons un œil aux formules disponibles. Deux options sont proposées : une version gratuite et une version payante.
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Offre gratuite
La formule gratuite se limite à l’essentiel : 200 Mo de données par jour, extensibles à 300 Mo pour les détenteurs d’un compte My Kaspersky. Pour une utilisation ponctuelle, cette jauge peut convenir. Mais dès qu’il s’agit de télécharger des torrents ou de regarder des vidéos en streaming, la limite est vite atteinte. Autre contrainte : l’impossibilité de choisir librement le serveur. Aucun plafond, en revanche, sur le nombre d’appareils connectés sous un même compte, mais tous partagent le même quota de données journalier. La version gratuite laisse donc un sentiment mitigé, avec des fonctionnalités restreintes et une marge de manœuvre réduite.
Solutions payantes
Pour ceux qui souhaitent aller plus loin, voici les deux formules proposées, avec des volumes de données illimités et davantage de fonctionnalités :
- Un abonnement mensuel à 4,99 €/mois
- Un forfait annuel à 24,99 €, soit environ 2,08 €/mois
Ces tarifs, à première vue attractifs, souffrent pourtant de la comparaison. Lors de nos tests, il est apparu que le rapport options/prix n’est pas vraiment favorable. Certes, jusqu’à 5 appareils peuvent être protégés avec une seule licence, mais CyberGhost en propose 7 pour un tarif similaire. Les spécificités techniques, que nous détaillerons plus loin, confirment cette impression : Kaspersky VPN peine à rivaliser sur le plan des services. Pour un budget comparable, l’offre 36 mois de CyberGhost affiche de meilleures performances. Ici, le choix penche clairement en faveur de la concurrence.
Un niveau de sécurité décevant
Sur la question de la sécurité, le constat est sans appel. Kaspersky VPN repose sur un chiffrement AES 128 bits avec une clé RSA 2048 bits. À titre de comparaison, ExpressVPN utilise l’AES 256 bits associé à une clé RSA 4096 bits, soit une protection nettement supérieure. Autre bémol : un seul protocole disponible, OpenVPN. Là où d’autres fournisseurs permettent d’adapter la sécurité à chaque appareil, ici, aucune flexibilité.
La fonctionnalité Kill Switch, pourtant devenue un standard pour garantir la confidentialité lors d’une coupure de connexion, brille par son absence. Conséquence : moindre maîtrise sur la protection des données. Sur ce point, Kaspersky Secure Connection décroche un carton rouge.
Vitesse de connexion insuffisante
Tous les VPN entraînent une baisse de débit, c’est acquis. Mais tout dépend de l’ampleur de la chute. Lors de nos essais, avec une bande passante initiale de 100 Mo/seconde, nous avons enregistré une perte de vitesse de 42,5 % en passant par un serveur US. En Europe, le constat est pire : la dégradation atteint 61 %. Naviguer devient alors laborieux, et diffuser des vidéos en Full HD relève du défi, qu’il s’agisse de séries ou d’événements sportifs comme le MotoGP. Les blocages sont fréquents, l’expérience s’en ressent.
Ce déficit de performance trouve son origine dans l’infrastructure du service. Kaspersky VPN se contente de 40 serveurs répartis dans 18 pays. À côté, CyberGhost aligne près de 3 700 serveurs dans 60 pays. L’écart est abyssal, et cela se traduit concrètement par une expérience utilisateur dégradée. Sur la vitesse, le bilan est sans appel : on reste sur sa faim.
Compatibilité limitée
L’application Kaspersky VPN fonctionne sous Windows, Mac et Android. Mais il ne s’agit pas d’une véritable solution multiplateforme. Impossible de l’installer sur tous les systèmes d’exploitation majeurs, contrairement à ExpressVPN qui couvre l’ensemble du marché, du PC à la Smart TV.
Les fonctionnalités à la loupe
Un VPN est souvent choisi pour télécharger via P2P ou contourner les restrictions sur le streaming vidéo. Voici ce qu’il en est du service proposé par Kaspersky.
Netflix
Impossible d’accéder au catalogue Netflix en utilisant Kaspersky VPN. Tous nos essais, que ce soit via des serveurs américains ou ailleurs, se sont soldés par des échecs : blocages systématiques, accès refusé. Même combat avec la plateforme BBC iPlayer, qui reste hors de portée.
Torrenting
Sur le papier, Kaspersky VPN permet bien l’échange de fichiers en P2P. Mais la réalité est moins réjouissante. Le débit offert allonge considérablement le temps de téléchargement. Pour les amateurs de torrents, il faudra s’armer de patience.
Service client
En cas de besoin, un chat en ligne est proposé, mais celui-ci n’apparaît qu’après un certain délai, bien loin de la disponibilité permanente d’un ExpressVPN. Un système de tickets est également en place, réservé aux détenteurs d’un compte My Kaspersky. À cela s’ajoutent une FAQ et un forum, accessibles à tous, mais les réponses ne sont pas toujours simples à dénicher. Dernier point noir : l’assistance n’est pas disponible en français, à la différence de CyberGhost. Cette absence de support multilingue finit d’assombrir le tableau.
Bilan
Kaspersky Secure Connection a encore du chemin à parcourir avant de s’imposer parmi les références du marché. Trop de failles, un manque de fonctionnalités, une infrastructure à la traîne : pour l’instant, le VPN russe peine à convaincre. En matière de cybersécurité, il ne suffit pas d’afficher un nom réputé ; sans ossature solide, la promesse reste lettre morte. Qui sait, peut-être que demain Kaspersky saura muscler son offre. Pour l’heure, le match se joue ailleurs.

